Un bâti ancien méconnu
Pisé

L’agglomération lyonnaise, berceau historique du renouveau de la construction en pisé au XVIIIe siècle aurait-elle oublié son passé ?

Souvent associé au milieu rural, le pisé de terre est également très présent dans le bâti ancien de l’agglomération lyonnaise. Des milliers de constructions sont concernées à l’échelle de l’agglomération : immeubles, maisons bourgeoises, maisons de villes, anciens bâtiments ruraux intégrés dans le tissu urbain, bâtiments publics ou religieux, murs de clôture, bâti industriel, etc. La proportion que représente le pisé dans ces bâtiments varie de quelques parties de murs à des bâtiments entiers.

Cette présence du pisé est néanmoins méconnue car la terre est systématiquement cachée par des enduits en contexte urbain. En outre, de nombreuses personnes pensent que le pisé de terre a disparu du centre urbain de la Métropole Lyonnaise après son interdiction en 1856. Il suffit d’observer attentivement le terrain pour constater une toute autre situation.

Cette méconnaissance constitue une menace. Le bâti ancien en pisé est traité sans prendre en compte les spécificités, forces et faiblesses de ce matériau. Il en découle de nombreuses destructions, des interventions inappropriées, voire des sinistres qui entretiennent une image négative.

Cette situation est d’autant plus paradoxale que le pisé de terre intéresse de plus en plus les bâtisseurs d’aujourd’hui en raison de ses qualités environnement. C’est en effet un matériau écologique exceptionnel : il est durable, solide, sain, nécessite peu d’énergie pour sa mise en œuvre et possède des propriétés hygrothermiques remarquables.

Il devient donc urgent de mieux connaître, valoriser et pérenniser le bâti ancien en pisé de l’agglomération lyonnaise.