Le Palais de la Mine
MétallurgieMinerai 73 - Savoie

Historique :

Autrefois en Tarentaise étaient exploitées des mines de plomb argentifère : les mines de Macôt la Plagne et les mines de Peisey. L’Ecole nationale des Mines (faire un renvoi vers la partie ci-dessous) fut d’ailleurs hébergée à Moûtiers et à Peisey au début du XIXème siècle.

Les mines de Macôt-La Plagne

La tradition attribue aux Romains une première exploitation des mines de plomb argentifère à La Plagne. L’analyse de certains bois qui avaient servi à étayer des galeries confirme cette hypothèse puisque leur utilisation remonte entre 250 et 550 après JC. La mine fut exploitée au Moyen-âge puis développée au XIXème siècle.

En 1903, le Comte de Saint Pierre prit la tête de l’exploitation et permit d’obtenir environ

533 tonnes de plomb chaque année et 1,8 tonne d’argent. La société Penaroya exploita la mine à partir de 1934 et développa la production annuelle jusqu’à environ 1 700 tonnes de plomb chaque année et 4 tonnes d’argent. En 1935, la mine employait 180 ouvriers. Après la création de la station de ski de La Plagne (fin 1961), l’activité d’exploitation de la mine diminua et elle ferma définitivement en 1970.

Les mines de Peisey

Les filons de plomb argentifère de Peisey furent découverts en 1644, mais l’exploitation ne débuta vraiment qu’au début du XVIIIème siècle. La mine fut d’abord exploitée par des privés, puis dirigée par différents capitaines d’industrie : une compagnie anglaise, puis une compagnie sarde. Très vite ce site a connu un développement économique important.

En 1792, les troupes révolutionnaires françaises envahirent la Savoie (renommée à l’époque « département du Mont-Blanc ») et confisquèrent la mine de Peisey (renommé le « Mont d’Argent ») comme bien d’Etat. En 1802, un arrêté institua la création d’une Ecole Pratique des Mines, installée d’abord à Peisey, puis en partie à Moûtiers. L’ingénieur Schreiber en prit la direction et relança l’exploitation minière. La bonne rentabilité de l’activité permettait de faire fonctionner l’Ecole. Avec la restauration sarde et la chute de Napoléon en 1815, la France a perdu la Savoie et les mines de Peisey. L’Ecole des Mines fut transférée à Paris. C’est le gouvernement sarde qui dirigea l’exploitation de 1822 à 1836.

En 1832, la mine occupait 270 ouvriers, entre l’exploitation des mines, la transformation du minerai et les métiers indirectement créés (une forge permettait de réparer les outils sur place, une scierie permettait de produire des boisements pour former et entretenir les galeries…).

Jusqu’au début du XIXème siècle, la transformation du minerai se faisait sur place. Le plomb et l’argent étaient séparés dans une fonderie.

1 La litharge (oxyde de plomb fondu) était vendu à Lyon et destinée à la fabrication de peintures ou raffinée sur place dans une fonderie à litharge, pour fabriquer des plombs de chasse à Moûtiers et à Albertville .

2 L’argent était raffiné sur place et vendus en lingots à Lyon, Paris et Turin.

Mais à partir de 1814, face à la pénurie de bois en Tarentaise (utilisé en grande quantité pour l’exploitation minière et pour la fonderie de Peisey), le minerai fut transporté jusqu’à la fonderie de Conflans (située à proximité d’Albertville), plus rentable. A partir du XIXème siècle, avec la Révolution Industrielle et l’augmentation de la concurrence européenne, les mines de Peisey nécessitaient de plus en plus d’investissements. L’exploitation fut confiée à la Compagnie Franco-Savoisienne jusqu’en 1866, année où l’on ferma la mine en déficit. C’est cette même compagnie qui exploita les mines de Macôt de 1852 à 1871. De 1745 à 1866, on estime que 21 500 tonnes de plomb et environ 53 tonnes d’argent furent extraites. En moyenne annuelle, il s’agissait de :

– 190 tonnes de plomb, avec des pointes à environ 250 tonnes,

– 370 kg d’argent avec des pointes à environ 500 kg.

Au début du XXème siècle, le Comte de St-Pierre, nouvel acquéreur des mines de Macôt, racheta le « Palais de la Mine » (l’ancien bâtiment de la Direction de la mine) pour en faire une maison secondaire.

Au milieu de XXème siècle, la société Penaroya, nouvelle exploitante des mines de Macôt, racheta cette maison et la transforma en centre de vacances pour les enfants de mineurs.

En 1984, s’est créé une association de sauvegarde de ce patrimoine et de recherche archéologique. Elle propose aujourd’hui des visites guidées du site minier qui a été racheté par la commune de Peisey et dont une partie est inscrite à l’inventaire des Monuments historiques.

Un sentier de la mine permet aux promeneurs de découvrir le site des anciennes mines de plomb et d’argent de Peisey (XVIIIème-XIXème siècle), les vestiges des installations d’exploitation (la galerie uniquement en visite guidée) et de transformation du minerai (laveries, fonderie-) et le Palais de la Mine (renvoi vers la page « à visiter » du chapitre Culture et patrimoine), ancien bâtiment de la direction des mines.

L’école des mines de Moûtiers-Peisey

En 1802, s’installait à Moûtiers et à Peisey-Nancroix une École des Mines : « l’Ecole Pratique des Mines du Mont-Blanc ». Elle était dirigée par des professeurs qui étaient d’éminents scientifiques de leur époque, tels Hassenfratz ou Brochand de Villiers (professeur de géologie). Autre gage de qualité, elle accueillait principalement des élèves qui sortaient de l’École Polytechnique. C’est l’ancien Prieuré Saint Martin (où se trouve l’actuel hôpital de Moûtiers) qui accueillait les futurs ingénieurs pour les cours théoriques, la mine de Peisey servant pour les travaux pratiques. En plus de ces deux lieux, un arrondissement industriel avait été mis sous la tutelle de l’ingénieur Schreiber, le directeur de l’Ecole, comprenant les mines de Macôt, la fonderie de Conflans et les Salines de Moûtiers. Moûtiers a donc eu l’honneur de former, durant le Consulat et l’Empire, ce Corps des Mines qui, depuis son origine, est l’un des principaux corps formant les hauts fonctionnaires et de nombreux dirigeants d’entreprise. Pendant les douze années que dura cette expérience (1802 – 1814), une soixantaine d’ingénieurs furent formés en Tarentaise. Lorsque la Savoie redevint sarde, après la chute de l’empire, cette école fut transférée à Paris où elle existe toujours. Une école des mines royales, sarde, est installée à Moûtiers, à l’emplacement de l’ancienne école française, jusqu’en 1825, avant d’être transférée à Turin en 1836.

Légendes des illustrations de la galerie :

  1. Galerie
  2. Fonderie
  3. Fonderie
  4. L’allée des Mélèzes, bicentenaire cette année
  5. Le Palais de la Mine
  6. Reconstitution de l’uniforme
  7. Roche
  8. Outils d’extraction

Contact

Nom : Association "Le Palais de la Mine"
Téléphone : 06 14 94 49 76